Pathologies, Tête & visage

Ne pas confondre migraine et maux de tête

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Comment distinguer la migraine d’un mal de tête ? Mon généraliste est-il à même de prendre en charge les migraines ? Quels sont les traitements à mettre en place et les méthodes complémentaires qui marchent ?

Classée par l’OMS parmi les 20 mal­adies les plus invalidantes, la migraine est un trouble fréquent qui concerne en France plus de 20 % de la population, soit 1 personne sur 5. Statistiquement, et en raison des varia­tions hormonales pendant les cycles, les femmes sont quatre fois plus atteintes que les hommes. La migraine affecte égale­ment 5 % des enfants, aussi bien les garçons que les filles mais après la puberté, ces dernières sont tout de même plus nom­breuses à continuer à en souffrir.

Pas un simple mal de tête !

La migraine est un type de céphalée qui se caractérise par des crises fréquentes et violentes de maux de tête qui peuvent durer de quelques heures à trois jours si elles ne sont pas traitées. « On parle de migraines, explique le docteur Michel Dib, neurologue, lorsque le patient présente trois des six caractéristiques suivantes :

  • Une douleur pulsatile, donc “qui tape”.
  • Une douleur localisée sur un seul côté (le fait d’avoir mal d’un seul côté est un signe distinctif de la migraine, mais dans 50 % des cas, la migraine peut aussi survenir des deux côtes de la tête !).
  • Un mal de tête aggravé par l’activité physique (affaiblissement pour des efforts de la vie courante comme monter les escaliers. Ce qui distingue la migraine d’autres céphalées qui ne sont pas aggravées par l’activité physique).
  • Des symptômes digestifs type nausées et /ou vomissements.
  • Une gêne, voire une intolérance à la lumière et/ou du bruit. »
  • Une douleur souvent insupportable

La fréquence des crises

Très handicapante, surtout si les crises sont rapprochées et intenses, cette maladie peut donc avoir de sérieuses répercussions sur la vie professionnelle et même constituer un frein à certaines carrières. De plus, poursuit le neurologue « on considère que le patient est migraineux dès lors que les crises sont similaires et se répètent plus de cinq fois. Mais on peut avoir des migraines occasionnelles sans être forcément migraineux! » La fréquence des crises fluctue énormément selon les individus. En général, pour la plupart des migraineux, les crises varient de une à 10 crises par mois. 10 % des personnes ont plusieurs crises par mois, parmi elles, une grande majorité de femmes.

Ne pas confondre migraine et céphalée de tension

Certains se plaignent aussi d’en souffrir au quotidien. Pourtant précise Michel Dib « quand on a mal tous les jours; c’est très rare que ce soit uniquement des migraines. Le plus souvent, c’est une alternance de migraines et de céphalées de tension musculaire. Certains migraineux peuvent en effet développer au bout de 10/20 ans ce type de céphalées. Résultat, ils ont mal tout le temps. » En fait, les deux maladies sont fréquemment liées et donc très logiquement confondues ! Mais à l’inverse de la nature pulsatile de la migraine, la céphalée de tension musculaire se caractérise par une sensation de pression constante, due en partie à des tensions des muscles qui entourent la boite crânienne. Ainsi la douleur s’étend sur la plupart des groupes musculaires de la face et de la tête.

Deux types de migraine

Le mécanisme de la crise migraineuse est extrêmement complexe. Et bien qu’il ne soit pas encore totalement élucidé, on sait cependant que c’est un phénomène neurovasculaire – provoqué par des facteurs déclenchants – qui entraîne une dilatation et une inflammation des artères méningées, responsables de la douleur. Une fois la crise passée et sans que l’on sache non plus pourquoi, les vaisseaux reprennent leur forme initiale.

Il existe deux types principaux de migraine : sans aura ou avec aura. La migraine sans aura est appelée « migraine commune » et concerne à peu près 80 % de toutes les migraines. Souvent appelée à tort « migraine ophtalmologique », la migraine avec aura est précédée, 15 à 30 minutes avant la crise elle-même, de signes précurseurs.

D’autres troubles…

«Dans les migraines dites avec aura, explique le neurologue, la phase de dilatation va être précédée d’une phase de vasoconstriction, c’est-à-dire que l’artère va se contracter laissant passer moins de sang d’où l’apparition de troubles provisoires que l’on appelle aura. » Dans la grande majorité des cas, soit 80 %, ce sont des troubles visuels mais il peut s’agir aussi de fourmillements au niveau des bras et la moitié de la tête, enfin plus rarement de troubles aphasiques (difficulté à trouver ses mots). « La migraine avec aura concerne 1/5 des migraineux, soit 20 %, précise le neurologue. Une même personne peut alterner les deux migraines sans aura ou avec aura. En revanche, on trouve très rarement des patients qui ne font que des crises avec aura. »

cephaleeDes facteurs déclenchants

«Le stress qui libère l’adrénaline, explique le docteur Michel Dib, l’alimentation qui libère la sérotonine, l’alcool, le chocolat, les menstruations, les odeurs (mauvaises ou bonnes), la fatigue, le manque de sommeil, les changements climatiques…, sont autant de facteurs qui jouent sur l’équilibre des neuromédiateurs dans le cerveau et qui déclenchent la crise. » Les facteurs déclenchants sont bien sûr propres à chacun en fonction du profil et du mode de vie. Cela étant, après 20 années d’expérience, le neurologue a pu établir quatre types ou profils principaux de la migraine :

La migraine correspond donc à des critères bien précis et définis. Elle varie en intensité et en nombre de crises selon les individus et elle peut ou ne pas, etre accompagnée d’autres symptômes (nausées ou hypersensibilité au bruit…) et/ou précédée de signes appelés prodromes comme des troubles de l’humeur, difficultés à se concentrer, irritabilité, tristesse, fatigue, bâillements répétés…

Encore mal comprise et mal perçue par l’entourage familial et professionnel, cette pathologie peut grandement altérer la qualité de vie d’une personne. Quel migraineux ne s’est-il pas senti, au moins une fois dans sa vie, suspecté, même accusé d’être un malade imaginaire ou pire un tire-au-flanc ? Pourtant au moment des crises, la douleur peut être si violente que la personne n’a pas d’autre choix que de s’isoler au calme dans la pénombre, voire dans le silence et le noir complets…

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